31.05.2007

Aounit, de la lutte contre l’antisémitisme à la volonté de prendre le pouvoir ?

Sous la présidence de M. Aounit, le MRAP sera passé subrepticement de la lutte contre l’antisémitisme à la lutte contre l’islamophobie. Après être un mouvement contre le racisme, il est devenu un mouvement focalisé sur une type de haine…mais avec quelles motivations : la haine ou les Lumières ?

Emmanuelle Le Chevallier, ancienne présidente de la fédération de Paris, dénonçait  L' « islamophobie » comme une notion qui « va à l'encontre du principe d'universalité et confond défense de l'homme et défense d'une religion ». « Les laïques sont traités de «laïcards», ou d'«intégristes laïcs» », regrette Nadia Kurys, membre de la direction nationale du MRAP. Président de la fédération des Landes, Gérard Kerforn voit dans cette notion d' « islamophobie » la marque d' « un tiers-mondisme primaire, qui conduit à tolérer dans les religions dites «des pauvres» ce que l'on n'aurait pas toléré pour d'autres religions ».

Le MRAP est en dérive : après avoir protégé et défendu les intérêts des victimes réels de l’intégrisme qui se cachait sous les drapeaux de l’Islam, on ne peut plus blasphémer sur les intégristes.

En fait, l’anti-islamophobie, qui confond tout et tout le monde, qui au nom de la pureté religieuse, a des relents d’antisémitisme. De la lutte contre l’antisémitisme à l’antisémitisme, n’y aurait-il qu’un pas ? 

Des responsables et militants du MRAP ne l'entendent pas de cette oreille, énumérant les étapes d'une « dérive » qu'ils dénoncent avec vigueur : la demande de libération de Maurice Papon, le soutien aux élèves voilées, et le dépôt de plainte contre France-Soir - en raison de la publication des caricatures de Mahomet - ont été les épisodes les plus spectaculaires de cette crise ininterrompue, provoquant des réactions virulentes et des départs en cascade.

Bien sûr, entre, il y a les appuis à des luttes citoyennes.

Certains s'inquiètent d'une propension du président du MRAP à relativiser l'antisémitisme lorsqu'il est le fait de populations d'origine arabo-musulmane. « Au prétexte de ne pas les stigmatiser, on ne peut plus parler du racisme antisémite en banlieues », déplore un membre du MRAP.

Mouloud Aounit assure qu'il fait l'objet d'une « campagne calomnieuse ». Pour traduire le fond de sa pensée, selon laquelle un crime commis contre une personne d'origine maghrébine ne suscite pas la même émotion que si la victime est juive, il pèse ses mots : « La République n'est pas équitable par rapport aux victimes du racisme (...) Je regarde des deux côtés, y compris celui où les autres ne regardent pas (...). Je n'ai pas choisi une communauté. Mais j'ai choisi, dans un contexte particulier, de défendre des gens qui ne sont pas défendus. »

Cette défense des uns et pas des autres a un nom. Et cela a été permis par le changement de nom du MRAP. M. Aounit, par la suite, a changé le contenu du racisme : il y a le racisme anti-arabe. Les arabes seraient donc stigmatisés et n’auraient pas la parole.

M. Aounit se trompe de cible. Nombreux politiques sont d’origine maghrébine, nombreuses associations sont faites pour les rives de la Méditerranée.

Si certaines populations ne sont absolument pas écoutés, ce sont les pakistanais, les chinois…Ici à Aubervilliers, on ne compte pas ceux que certains qualifieraient de violences infra- communautaires. Que propose le MRAP contre ce déferlement de violences.

Ainsi, M. Aounit, par ses propos, le confirme, il défend une vision « communautaire » et « origeniste » : il défend ses « gens », ceux de sa phratrie.    

Le président du MRAP fait pression sur le monde politique de gauche. Le PCF est débordé par cette personnalité qui mire sérieusement sur la Mairie d’Aubervilliers. Le PCF encore une fois débordé. Mouloud Aounit indique en effet qu'il « sera présent, d'une façon ou d'une autre », lors des prochaines échéances électorales. Les Français musulmans ? « Cette population qui, hier, ne votait pas, peut désormais faire et défaire des députés et des maires », dit-il. Tout en affirmant que l'enjeu de son combat a une autre envergure : « Je suis le dernier rempart avant les intégristes. » Une fois qu’il aura ce qu’il voudra, il lâchera le PCF, peut-être pour se fourvoyer dans le PS et devenir un candidat à la présidentielle !

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